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La bataille de Waterlooby DiversTout le camp sommeille Le général veille, L'aurore vermeille, Ne luit pas encor ; Sur l'enceinte immense, Dans l'ombre s'élance Et plane en silence L'oiseau de la mort. L'âme tranquille, Le chef habile, De son asile Sort dès le matin. Son oeil embrasse Le vaste espace Et sa main trace L'arrêt du destin. Guerrier intrépide, d'un mot, il décide L'attaque rapide Et sur un tambour, L'art pour lui conspire ; Son génie inspire Les soins de l'Empire Et l'ordre du jour. Quand dans la plaine, lueur lointaine Indique à peine les feux opposés, Nos chefs s'assemblent Nos rangs s'ébranlent, Nos bivouacs tremblent Sous leurs pas pressés. Notre artillerie Est en batterie, Notre infanterie Manoeuvre et s'étend. Phalanges plus belles, Nos lanciers fidèles Dirigent leurs ailes Où Mars les attend. Les dragons passent, Les flots s'amassent, Nos hussards lassent Leurs fougueux coursiers ; Troupe éclatante, Masse imposante, A l'oeil présente Nos fiers cuirassiers. La trompette sonne, Les clairons résonnent, Les coursiers frissonnent, Prêts à s'échapper, L'ennemi agite, De ses corps d'élite Veut couvrir la fuite, La mort va frapper ! Mais il surmonte L'effroi que dompte La juste honte D'un pareil succès. Son artifice, D'un bois propice, Sert la milice Du brave Écossais. Nos flanqueurs s'avancent Nos chasseurs s'élancent Nos lanciers balancent Leurs terribles dards. Vivez dans l'Histoire, Soldats que la Gloire Mène à la Victoire Sous nos étendards ! La charge sonne, Le bronze tonne, Le feu sillonne, Moissonne les rangs ; Et la fumée Dans l'air semée, Couvre l'armée, De ses noirs torrents. La garde s'engage, S'ouvrant un passage Au sein d'un nuage D'épaisses vapeurs. Ses vieilles moustaches Montrent leurs panaches, Flottant sur les haches De nos vieux sapeurs. Comme la foudre Qu'on voit dissoudre Et mettre en poudre Des cèdres altiers, Leurs glaives percent, Leurs bras renversent, Leurs coups dispersent Des carrés entiers. L'ennemi succombe, Il chancelle, il tombe, Et déjà la tombe Reçoit ses débris. Ses soldats pâlissent, Ses coursiers frémissent ; Les ailes retentisssent De funestes cris ! Destin étrange ! Soudain tout change : Le crime arrange Un succès vendu. Nos rangs se brisent, Nos feux s'épuisent, Des traîtres disent Que tout est perdu ! Mais crainte frivole ! Le vainqueur d'Arcole Paraît et revole Au lieu du danger. Ses braves l'entourent ; D'ardeur, il concourent Et d'autres accourent Prompts à nous venger L'armée entière Dans la carrière Voit la poussière Au loin s'élever ; Troupe inattendue Qu'on croyait perdue Tu nous es rendue Et viens nous sauver. L'ivresse circule Puissant véhicule ! Espoir trop crédule ! tout à coup, Grands Dieux ! Erreur passagère, faveur mensongère, C'est l'aile étrangère Qui s'offre à nos yeux ! Nos invincibles, Inaccessibles Aux coups sensibles Du destin fatal, Forts de courage Bravent l'orage Et du carnage Donnent le signal. Les masses s'écroulent, des flots de sang coulent, D'ardents chevaux foulent Des corps palpitants. La faux de la guerre, Les feux du tonnerre On jonché la terre De membres sanglants. Traits magnanimes ! Efforts sublimes ! Que de victimes Vont encore s'offrir ! L'heure est funeste, Tout nous l'atteste ; Il ne nous reste Qu'à vaincre ou mourir. Belliqueuse garde, L'Anglais te regarde, T'admire et retarde Les feux et ton sort. Ses lignes s'entrouvrent Et vers toi découvrent Cent bouches qui s'ouvrent Pour vomir la mort. Troupe immortelle Sa voix t'appelle : "Français", dit-elle, Chargés de lauriers, Tout nous seconde ; La foudre gronde, Sauvez le monde Les premiers guerriers". Fortune, tu braves Vainement nos braves ; Des Français esclaves ! Desseins superflus. Tu peux les entendre ; Nous savons attendre La mort sans nous rendre. Ils n'existent plus. |
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